Amira - L'équipe Bouclette

vie de bouclette

Porter mes bouclettes en Tunisie... De l'enfer à la fierté !

Amira

Amira jeune femme tunisienne partage avec nous son expérience de retour au naturel dans son pays où les bouclettes ont du mal à faire leur place.

Amira - L'équipe BoucletteQu’est-ce que ça fait d’être une curly en Tunisie ? 2 ans en arrière, j’aurais répondu : « L’enfer ».  Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ici les cheveux bouclés sont faits pour être lissés et puis c’est tout. Boucles et beauté ne riment pas ensemble à moins d’avoir des bouclettes anglaises parfaitement définies et 0 volume. 

En Tunisie, détester ses cheveux bouclés est un apprentissage à plein temps, qui se fait très tôt. On t’apprend que pour être jolie aux anniversaires, il faut avoir des cheveux lisses. On t’apprend que pour être belle au regard de la société, il faut avoir des cheveux lisses. On ne t’apprendra pas à accepter tes boucles, ton volume ou pire encore tes frisottis. 

Par contre, tu auras droit à de jolies petites critiques de la part de tout le monde. Un homme dans la rue qui passe et s’arrête spécialement pour te dire d’aller te brosser les cheveux. Ta prof à l’école qui t’empêche de rentrer en classe avec « cette tête pas présentable ». Ou encore la coiffeuse qui te harcèle pour que tu fasses un « traitement lissant » parce qu’ « il faudrait être folle pour sortir avec ces cheveux dehors ». 

Mais le pire… c’est la famille, les amis, les personnes que tu aimes. C’est ces personnes-là qui sont le plus aptes à t’influencer, à te blesser inconsciemment. 

En Tunisie, ta famille, sans s’en rendre compte parfois, t’impose son avis. En ce qui concerne les cheveux, ça ne s’arrête pas aux « ils sont moches ». Non. Ça va plus loin. Beaucoup plus loin. 

Par exemple ta mère qui t’encourage vivement à aller faire un lissage. Ta grand-mère qui te demande, au moins une fois par mois, de faire un lissage et qui se fâche quand tu ne « lui fais pas plaisir ».  Ton père qui te dit que tu fais peur dès que tu lâches tes cheveux. Ton autre grand-mère qui te dit qu’elle refuse de sortir avec toi si t’as les cheveux trop volumineux. Ou encore l’amie de ta mère qui essaye de te convaincre que ça ne se fait pas de sortir « comme ça ». 

Ce sont des phrases qu’on entend au quotidien, de la part de tout le monde. On te met une pression énorme. On te bombarde de critiques et de commentaires méchants juste à cause de tes cheveux. Cet acharnement incessant est assez blessant, je l’avoue. Etouffant, aussi. Car au final, si toi tu veux t’accepter comme tu es, c’est ton choix, ta vie. Même si tu ne rentres pas dans les normes de beauté de la société, tant pis. 

2 ans en arrière, j’aurais donc répondu : « L’enfer ». Mais aujourd’hui, mes cheveux représentent une force. Tous ces comportements que je viens de raconter m’ont complexée au plus haut point. Je détestais mes cheveux et je les ai longtemps massacrés. Mais aujourd’hui, et grâce à ma natural hair journey, j’aime d’amour mes bouclettes frisottantes et volumineuses.

Je m’accepte comme je suis. J’aime mes cheveux comme ils sont. Et même s’ils me voient encore comme « un monstre » quand mes cheveux sont lâchés, et même si les remarques n’ont pas cessé et même si la pression existe encore… J’aime d’amour mes cheveux. Et si on me demande ce que ça fait d’être une curly en Tunisie, je répondrais : « C’est une force».

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